Terril Sabatier

Dimanche 8 mai 2011

Édition Régionale

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Le site minier et forestier de Raismes

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 Les sentiers aménagés menant au sommet du terril 174 sont propices à une belle balade en famille. PHOTO DIDIER CRASNAULT

Les sentiers aménagés menant au sommet du terril 174

sont propices à une belle balade en famille.

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La phrase ferait sans doute sourire plus d’un haut-savoyard mais à Raismes, elle est prise très au sérieux : du haut de ses 103 mètres, le terril 174 de Sabatier, niché en plein cœur de la forêt domaniale de Raismes-Saint-Amand-Wallers, est le point culminant du Valenciennois. L’ascension, accessible à tous, vaut le détour à bien des égards.

Là-haut, vous aurez une vue panoramique sur le Hainaut, bien sûr, et sur les premiers contreforts de l’Avesnois. « Par beau temps, on peut même apercevoir les terrils jumeaux de Loos-en-Gohelle situés à 52 kilomètres à vol d’oiseau », précise Christophe Ancelet, responsable de la maison de la forêt, point de départ des sentiers de randonnée et trait d’union entre deux ères : un passé minier encore très présent et un avenir tourné vers la biodiversité et le tourisme de proximité (une association du Cambrésis, Via Septemtriones Templi, élabore actuellement un grand projet dans ce sens). Pour arriver au sommet du « 174 », deux possibilités s’offrent à vous : grimper, tel un aventurier, hors des sentiers battus ou emprunter le superbe chemin de randonnée de 3,5 km, au départ de la drève de la Princesse. Tracée au XVIIIe siècle, cette allée dont le nom rend hommage à la famille d’Arenberg, converge avec sept autres chemins vers un carrefour forestier en forme d’étoile (l’Étoile de Cernay). La princesse d’Arenberg, issue d’une riche famille allemande, séjournait dans un château édifié en 1829 sur le site de l’actuelle base de loisirs, toute proche. L’histoire raconte qu’elle suivait le déroulement des chasses à courre depuis son carrosse garé au centre de l’étoile.

Entendrez-vous le chant les rousserolles ?

Sur les pas de la fille du roi, vous découvrirez plusieurs points d’intérêt majeurs. Prenez le temps d’admirer la riche flore forestière des sous-bois (les chênes et les charmes dominent). Laissez-vous surprendre par quelques espèces animales originales (le lézard des murailles, une espèce thermophile rare dans le secteur) et prenez le temps de vous poser au bord de l’étang des Trois Mortiers, provoqué au fil du temps par des affaissements de terrain. Un peu plus loin, bercé par le chant des rousserolles qui anime les roselières (peut-être les entendrez-vous en cette période), vous apercevrez la fosse Sabatier. Le paysage tranche avec les sous-bois. Ce chevalement est le dernier témoin en surface des imposantes installations et ressources minières exploitées entre 1913 et 1980. À flanc de colline sur votre chemin, se dresse la cité du Pinson, dans un décor de briques émaillées : l’habitat minier par excellence.L’ultime étape avant l’arrivée au sommet. Trois millions de tonnes de roches appelées « les stériles » se dérobent sous vos pieds. Une vue à 360 degrés s’offre à vous. Le haut-savoyard habitué au Mont-Blanc peut sourire : cette promenade atypique sur ce petit mont noir a aussi son charme.

Par SAMUEL PETIT

Photo DIDIER CRASNAULT


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